Vins & Gastronomie

« Du vin à l’eau-de-vie: la Distillerie du Bois des Dames »

Publié le mercredi 15 novembre 2013 (magazine n°149)


De la distillerie ambulante de René Favot, bouilleur de cru à la fin du XIXe siècle et grand oncle du patron actuel, à son installation en 1920 sur la commune de Sablet (Vaucluse), puis son transfert un peu plus loin à Violès en 1958, la Distillerie du Bois des Dames est restée familiale à ce jour !
La gamme compte aujourd’hui cinq spiritueux d’origine viticole : des eaux-de-vie de marc de Gigondas, de Châteauneuf-du-Pape, deux de Provence (l’une bio), enfin une « Fine de Provence »… Attention, Provence ne veut pas dire que Côtes du Provence, mais aussi Côtes du Rhône, Ventoux, Luberon… soit la Provence géographique.
Nous vous recommandons ce beau produit qui joue dans la cour des grandes eaux-de-vie de vin (telles le Cognac et l’Armagnac). Pour cette fin d’année, la distillerie envisage de commercialiser des chocholats à l’eau-de-vie de marc de Provence. Par ailleurs, un espace musée-boutique avec un alambic à 3 vases est en cours de finalisation pour une ouverture prévue début 2014.

  • Dégustation

D’une couleur orange fauve aux reflets ambrés prononcé, sa robe est très lumineuse et brillante dans le verre. Notez bien que sa couleur est naturelle, due à son vieillissement de minimum 20 ans en fût de chêne, sans aucun colorant.
Au nez s’échappent des effluves racés de fruits secs sur un tapis d’amandes amères. La mise en bouche est vivace, sur le zeste d’orange percé de clous de girofle, puis s’adoucit sur les fruits confits pour une finale rémanente sur l’amande fraîche. Très beau produit titrant 43°. PVC 31 euros

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La Provence

« Découverte d’une distillerie entre marc et lie de raisin »

Publié le mercredi 28 janvier 2009 à 08H30


Le directeur de la distillerie du Bois des Dames Jean Mottet, a commencé à travailler sur le site créé par son père à Violès en 1974 et a pris sa succession en 1980. « Mon père avait acheté onze hectares plantés de chênes verts en 1958, sur lesquels il a déplacé son usine de Sablet et où nous sommes aujourd’hui. Lorsque je suis arrivé nous fabriquions uniquement de l’alcool à haut degré (plus de 92) et des amendements organiques pour les vignes. Désormais, la gamme de produits est beaucoup plus large » explique Jean Mottet.

  • Approche écologique

A partir du marc récupéré dans les caves et stocké dans les silos à l’abri de l’air, sont élaborés en plus de l’alcool pour composer du bio-éthanol, du tartrate de chaux (acidifiant naturel utilisé dans l’alimentaire, la pharmacie, la construction), de l’huile de pépin de raisin (pour les Français et les Coréens)… Avec la lie peuvent être obtenus de l’alcool haut degré et à consommer (moins de 85 degrés). « L’une des évolutions des entreprises de notre type est d’assurer la dépollution des effluents liquides, ajoute le directeur. Nous avons découvert que nous faisions finalement un métier proche de l’environnement. Sans notre présence, les caves devraient trouver des solutions et investir dans un important matériel. » Tout en contribuant, donc, avec les rafles, à fabriquer de la biomasse pour se chauffer, ou de l’énergie renouvelable (éthanol) « les viticulteurs participent à la lutte contre l’effet de serre. »

  • 18 salariés qui font les trois-huit

Le travail ne manque pas dans la distillerie. De novembre à mai, hormis le dimanche, l’entreprise tourne en trois-huit. Autour des deux cadres, le patron et le chef d’atelier Didier Perales, il y a deux agents de maîtrise, des chefs d’équipes et des chauffeurs. Bon nombre de ces employés travaillent depuis plus de 10, voire 20 ans, dans la distillerie, comme par exemple le tractoriste Rachdi Mohamed. 40% du marc est enlevé par les chauffeurs dans les caves tandis que les autres emmènent directement à l’usine. Parmi ces chauffeurs, il y a Sabbar Mohamed et Robert Jamet, sont respectivement employés depuis 12 et 23 ans dans l’entreprise. Les nombreuses étapes par lesquelles doivent passer le marc et la lie, l’alambic à 18 degrés, la colonne de distillation, les pépins et la peau fine séparés après séchage, la fabrication de vapeur avec de biomasse, l’installation de dépollution… nécessitent le fonctionnement, le réglage et l’entretien de nombreuses machines. La vapeur, les tapis roulants, les bruits plus ou moins sourds, les brassages de liquide, hantent ce bâtiment implanté au milieu des vignes qui le nourrissent.

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